fragments

PROJET DE DIPLÔME

2017

Fragments est un projet de collecte, d’étude et de revalorisation de fragments — des « morceaux de » formes, de matières et de perceptions.

À travers des micro-éditions et, parfois, la création d’objets de communication, le projet explore le pouvoir évocateur de ces fragments et leur capacité à devenir des déclencheurs de création intuitive. Cette collection d’éléments volontairement incomplets propose une autre manière de créer : laisser l’intuition émerger à partir de ce qui a été perçu, accumulé et transformé, sans intention consciente préalable.

Gif de fragments

L’intuition est souvent décrite comme une évidence immédiate. Elle n’apparaît pourtant jamais à partir de rien : elle émerge de connaissances, d’images et d’expériences emmagasinées inconsciemment. Ces éléments latents, je les appelle fragments.

fragments, vous dites ?

Le fragment est un éclat, un débris, un petit élément d'un ensemble. Dans la mesure où il est un morceau fractionné d'un tout, il suppose un manque et donne alors à spéculer, à imaginer le champ des possibles de tout ce qu'il pouvait être avant de n'être « plus que reste ». Ménageant ainsi une place à l'intuition spontanée et provoquant l'acte intuitif créateur, le fragment se présente comme un véritable moteur à la création.

collecter...

La première étape du projet consiste à collecter des fragments sans chercher à en saisir la totalité. Cette collecte est confiée à des tiers, guidés par une feuille de route précise : chaque fragment doit exister comme donnée, temporelle, spatiale ou chromatique. Dès sa collecte, le fragment devient information.

... Et fragmenter

Un fragment n’est pas toujours fragment dès l’origine. Il le devient par des processus de fragmentation opérés intuitivement : déchirements, transferts, révélations à l’encre photochrome, sérigraphie en réserve, passages du visuel au textuel. Ces gestes simples introduisent une part d’aléatoire et participent à une décontextualisation volontaire, comparable à une mise en veille temporaire de la culture et des références. Cette étape révèle une chose essentielle : le fragment n’est pas forcément un manque à combler. Il peut contenir sa propre totalité.

pour restituer

Dans un second temps, j’ai cherché à faire exister le fragment autrement que comme un simple morceau. À travers une série d’éditions, j’ai mis en page ces classifications et ces jeux graphiques, transformant ces fragments en données visuelles exploitables : on y retrouve des traces du processus de fragmentation, des données collectées, des densités de noir, un jeu de cartes... Il s’agit d’un graphisme génératif, issu directement de la matière collectée.

et finalement, recréer

Enfin, certains fragments ont suscité une résonance particulière. Je suis alors entrée dans une phase de re-création, en complétant ces fragments par synecdoque : prolonger une forme, révéler un motif, faire émerger un objet graphique. Cette étape met en lumière la force évocatrice du fragment et sa capacité à devenir un véritable embrayeur de création.

Le fragment, cet objet mystérieux source de créativité pour l’intuition, à la fois matière à imaginer et collecte de ce que l’on rencontre, d’ores et déjà signes et images, est pour l’esprit curieux qui désire comprendre et compléter une véritable matière graphique, un embrayeur à la création.

Fragments affirme une chose simple : la création ex-nihilo est impossible, mais l’intuition, elle, existe. Elle se nourrit de fragments — et c’est en leur donnant une place que l’on peut lui redonner du poids.

ce que j’ai appris

[01]

un cadre qui libère plutôt que de contraindre

En imposant des règles simples de collecte et de fragmentation, j’ai observé que la contrainte favorisait l’émergence d’idées plus singulières. Ce projet a renforcé ma conviction que les systèmes bien pensés ne brident pas la créativité : ils lui offrent un terrain d’expression.

[02]

Le fragment a une valeur en soi

Fragments m’a montré qu’un élément incomplet n’a pas nécessairement vocation à être “complété”. Un fragment peut faire sens par lui-même, provoquer une interprétation et devenir un déclencheur d’imaginaire — une logique que je retrouve aujourd’hui dans la conception d’expériences ouvertes et interprétables.

[03]

la documentation importe autant que le résultat

Fragments n’est pas seulement une collection d’objets, mais la trace d’un cheminement. Ce projet m’a appris l’importance de rendre visibles les étapes, les essais et les hésitations, afin de partager une réflexion plutôt qu’un simple résultat fini.

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PROJET DE DIPLÔME

2017

Fragments est un projet de collecte, d’étude et de revalorisation de fragments — des « morceaux de » formes, de matières et de perceptions.

À travers des micro-éditions et, parfois, la création d’objets de communication, le projet explore le pouvoir évocateur de ces fragments et leur capacité à devenir des déclencheurs de création intuitive. Cette collection d’éléments volontairement incomplets propose une autre manière de créer : laisser l’intuition émerger à partir de ce qui a été perçu, accumulé et transformé, sans intention consciente préalable.

Gif de fragments

L’intuition est souvent décrite comme une évidence immédiate. Elle n’apparaît pourtant jamais à partir de rien : elle émerge de connaissances, d’images et d’expériences emmagasinées inconsciemment. Ces éléments latents, je les appelle fragments.

fragments, vous dites ?

Le fragment est un éclat, un débris, un petit élément d'un ensemble. Dans la mesure où il est un morceau fractionné d'un tout, il suppose un manque et donne alors à spéculer, à imaginer le champ des possibles de tout ce qu'il pouvait être avant de n'être « plus que reste ». Ménageant ainsi une place à l'intuition spontanée et provoquant l'acte intuitif créateur, le fragment se présente comme un véritable moteur à la création.

collecter...

La première étape du projet consiste à collecter des fragments sans chercher à en saisir la totalité. Cette collecte est confiée à des tiers, guidés par une feuille de route précise : chaque fragment doit exister comme donnée, temporelle, spatiale ou chromatique. Dès sa collecte, le fragment devient information.

... Et fragmenter

Un fragment n’est pas toujours fragment dès l’origine. Il le devient par des processus de fragmentation opérés intuitivement : déchirements, transferts, révélations à l’encre photochrome, sérigraphie en réserve, passages du visuel au textuel. Ces gestes simples introduisent une part d’aléatoire et participent à une décontextualisation volontaire, comparable à une mise en veille temporaire de la culture et des références. Cette étape révèle une chose essentielle : le fragment n’est pas forcément un manque à combler. Il peut contenir sa propre totalité.

pour restituer

Dans un second temps, j’ai cherché à faire exister le fragment autrement que comme un simple morceau. À travers une série d’éditions, j’ai mis en page ces classifications et ces jeux graphiques, transformant ces fragments en données visuelles exploitables : on y retrouve des traces du processus de fragmentation, des données collectées, des densités de noir, un jeu de cartes... Il s’agit d’un graphisme génératif, issu directement de la matière collectée.

et finalement, recréer

Enfin, certains fragments ont suscité une résonance particulière. Je suis alors entrée dans une phase de re-création, en complétant ces fragments par synecdoque : prolonger une forme, révéler un motif, faire émerger un objet graphique. Cette étape met en lumière la force évocatrice du fragment et sa capacité à devenir un véritable embrayeur de création.

Le fragment, cet objet mystérieux source de créativité pour l’intuition, à la fois matière à imaginer et collecte de ce que l’on rencontre, d’ores et déjà signes et images, est pour l’esprit curieux qui désire comprendre et compléter une véritable matière graphique, un embrayeur à la création.

Fragments affirme une chose simple : la création ex-nihilo est impossible, mais l’intuition, elle, existe. Elle se nourrit de fragments — et c’est en leur donnant une place que l’on peut lui redonner du poids.

ce que j’ai appris

[01]

un cadre qui libère plutôt que de contraindre

En imposant des règles simples de collecte et de fragmentation, j’ai observé que la contrainte favorisait l’émergence d’idées plus singulières. Ce projet a renforcé ma conviction que les systèmes bien pensés ne brident pas la créativité : ils lui offrent un terrain d’expression.

[02]

Le fragment a une valeur en soi

Fragments m’a montré qu’un élément incomplet n’a pas nécessairement vocation à être “complété”. Un fragment peut faire sens par lui-même, provoquer une interprétation et devenir un déclencheur d’imaginaire — une logique que je retrouve aujourd’hui dans la conception d’expériences ouvertes et interprétables.

[03]

la documentation importe autant que le résultat

Fragments n’est pas seulement une collection d’objets, mais la trace d’un cheminement. Ce projet m’a appris l’importance de rendre visibles les étapes, les essais et les hésitations, afin de partager une réflexion plutôt qu’un simple résultat fini.

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PROJET DE DIPLÔME

2017

Fragments est un projet de collecte, d’étude et de revalorisation de fragments — des “morceaux de” formes, de matières et de perceptions.

À travers des micro-éditions et, parfois, la création d’objets de communication, le projet explore le pouvoir évocateur de ces fragments et leur capacité à devenir des déclencheurs de création intuitive. Cette collection d’éléments volontairement incomplets propose une autre manière de créer : laisser l’intuition émerger à partir de ce qui a été perçu, accumulé et transformé, sans intention consciente préalable.

L’intuition est souvent décrite comme une évidence immédiate. Elle n’apparaît pourtant jamais à partir de rien : elle émerge de connaissances, d’images et d’expériences emmagasinées inconsciemment. Ces éléments latents, je les appelle fragments.

Gif de fragments

fragments, vous dites ?

Le fragment est un éclat, un débris, un petit élément d'un ensemble. Dans la mesure où il est un morceau fractionné d'un tout, il suppose un manque et donne alors à spéculer, à imaginer le champ des possibles de tout ce qu'il pouvait être avant de n'être « plus que reste ». Ménageant ainsi une place à l'intuition spontanée et provoquant l'acte intuitif créateur, le fragment se présente comme un véritable moteur à la création.

collecter...

La première étape du projet consiste à collecter des fragments sans chercher à en saisir la totalité. Cette collecte est confiée à des tiers, guidés par une feuille de route précise : chaque fragment doit exister comme donnée, temporelle, spatiale ou chromatique. Dès sa collecte, le fragment devient information.

... Et fragmenter

Un fragment n’est pas toujours fragment dès l’origine. Il le devient par des processus de fragmentation opérés intuitivement : déchirements, transferts, révélations à l’encre photochrome, sérigraphie en réserve, passages du visuel au textuel. Ces gestes simples introduisent une part d’aléatoire et participent à une décontextualisation volontaire, comparable à une mise en veille temporaire de la culture et des références. Cette étape révèle une chose essentielle : le fragment n’est pas forcément un manque à combler. Il peut contenir sa propre totalité.

pour restituer

Dans un second temps, j’ai cherché à faire exister le fragment autrement que comme un simple morceau. À travers une série d’éditions, j’ai mis en page ces classifications et ces jeux graphiques, transformant ces fragments en données visuelles exploitables : on y retrouve des traces du processus de fragmentation, des données collectées, des densités de noir, un jeu de cartes... Il s’agit d’un graphisme génératif, issu directement de la matière collectée.

et finalement, recréer

Enfin, certains fragments ont suscité une résonance particulière. Je suis alors entrée dans une phase de re-création, en complétant ces fragments par synecdoque : prolonger une forme, révéler un motif, faire émerger un objet graphique. Cette étape met en lumière la force évocatrice du fragment et sa capacité à devenir un véritable embrayeur de création.

Le fragment, cet objet mystérieux source de créativité pour l’intuition, à la fois matière à imaginer et collecte de ce que l’on rencontre, d’ores et déjà signes et images, est pour l’esprit curieux qui désire comprendre et compléter une véritable matière graphique, un embrayeur à la création.

Fragments affirme une chose simple : la création ex-nihilo est impossible, mais l’intuition, elle, existe. Elle se nourrit de fragments — et c’est en leur donnant une place que l’on peut lui redonner du poids.

ce que j’ai appris

[01]

un cadre qui libère plutôt que de contraindre

En imposant des règles simples de collecte et de fragmentation, j’ai observé que la contrainte favorisait l’émergence d’idées plus singulières. Ce projet a renforcé ma conviction que les systèmes bien pensés ne brident pas la créativité : ils lui offrent un terrain d’expression.

[02]

Le fragment a une valeur en soi

Fragments m’a montré qu’un élément incomplet n’a pas nécessairement vocation à être “complété”. Un fragment peut faire sens par lui-même, provoquer une interprétation et devenir un déclencheur d’imaginaire — une logique que je retrouve aujourd’hui dans la conception d’expériences ouvertes et interprétables.

[03]

la documentation importe autant que le résultat

Fragments n’est pas seulement une collection d’objets, mais la trace d’un cheminement. Ce projet m’a appris l’importance de rendre visibles les étapes, les essais et les hésitations, afin de partager une réflexion plutôt qu’un simple résultat fini.